Diversité de la croissance entre les branches d'activité
Jean-Pierre Givry, ancien président d'Allevard Industries
Les performances des branches de l’activité nationale offrent un large éventail. Chaque branche apporte sa propre réponse à la problématique de la croissance. Notre vision de la croissance en est radicalement renouvelée, elle qui est habituellement limitée à des moyennes écrasant les différences. La croissance met en jeu d’un côté les mouvements du capital productif fixe, soumis à la destruction créatrice, investissement et sortie d’actif. Tout aussi importants sont de nombreux autres facteurs, tant positifs que négatifs. Une formulation originale permet de saisir leur effet global au niveau de chaque branche. L’étude chiffre les deux types d’influences dans les quarante et une branches françaises de 1978 à 2006 ; elle révèle la singulière diversité des comportements et définit des conditions plus favorables à la croissance.
1 - Introduction
J’ai déjà montréLa gestion publique et la croissance . Sociétal , Numéro 51, 1er trimestre 2006. que la croissance du PIB dépend de la gestion publique. Le déficit est un premier frein à la croissance (il détourne l’épargne de l’investissement). Un niveau élevé de dépenses publiques est également pénalisant par lui-même (la dépense privée profite à des activités rentables, génératrices de la croissance ultérieure). Les performances des pays de l’OCDE de 1970 à 2003 ont prouvé que les deux effets jouent indépendamment l’un de l’autre. Ce constat bat en brèche la vulgate keynésienne et sa relance perpétuelle.
J’ai eu ensuite l’occasion, toujours dans SociétalCroissance et progrès technique, histoire d’une erreur ordinaire, Sociétal , Numéro 55, 1er trimestre 2007. , de critiquer le « progrès technique », du moins dans la conception de Solow. Celui-ci en a fait depuis 1954 la source principale de la croissance. J’ai montré que ce dogme, fort répandu, résultait d’une formule amputée et mal comprise. Elle ne doit son succès qu’à sa simplicité, mais celle-ci est illusoireIllusoire, mais pas innocente; le dogme est une machine de guerre anticapitaliste et il donne des arguments aux assoiffés de crédits de recherche, publics et privés. . Les facteurs plus classiques ne peuvent être escamotés: l’investissement et son corollaire, le déclassement. A cette occasion, j’ai signalé l’existence d’un glissement négatif (érosion) de l’ordre de 1 % / an. Ce deuxième constat, tout aussi empirique, se lit dans les données macroéconomiques françaises depuis 1978. Il ne suffit pas de crier « la recherche, la recherche » pour trouver automatiquement la croissance, d’autres forces sont en jeu.
Dans cet article, je vais analyser la croissance dans les branches d’activité. Chacune est en effet un microcosme où se joue le même mécanisme général de la croissance, dans la plus grande diversité.
Je vais successivement établir une formule de la croissance permettant l’analyse des données, puis suivre à cette lumière les évolutions de 1978 à 2006, avant de passer en revue les facteurs qui affectent la croissance.









