La gestion publique et la croissance
Par Jean-Pierre Givry, ancien Président d'Allevard Industries – Groupe CGIP
Article paru dans Sociétal n°5, 1er trimestre 2006
Les rapports entre la gestion publique et la croissance sont utilement éclairés par les comparaisons internationales. Les trente pays de l'OCDE ont connu depuis trente ans des expériences variées. La leçon en est claire. La croissance est lourdement pénalisée quand la dépense publique est massive et que le budget est en déficit. Le phénomène est réversible. La gestion publique, moins efficace, a tout intérêt à se concentrer sur ses missions essentielles et à les gérer dans le souci de qualité et de productivité que la nature des choses impose aux activités privées.
Jacques de La Rosière a émis en 2004 un vigoureux plaidoyer en faveur de l'orthodoxie budgétaireDérives budgétaires et Pacte de Stabilité – Commentaire n° 105. . Il y recommande d'encadrer les budgets annuels dans des règles pluriannuelles, du type de celles du Pacte de Stabilité et de Croissance. Son article est très documenté sur les pratiques dans les trente dernières années des pays membres de l'OCDE. Des dépenses croissantes les ont d'abord entraînés dans le déficit et la dette. La plupart se sont repris au cours des dix dernières annéesCe qui n'a pas empêché Peter H Linder dans Growing Public de voir un phénomène irréversible dans la montée de la dépense publique ( cf le commentaire de Michel Brulé dans Sociétal n° 48). . Au total il y a là un vaste champ d'observation bien tentant pour ceux qui s'intéressent aux conditions de la croissance.
La gestion publique a-t-elle, au delà de ses effets conjoncturels, un impact sur la croissance à moyen terme? Autrement dit, la dépense publique, le solde budgétaire, la dette publique sont-ils des facteurs de la croissance ? Si oui, comment orienter la gestion publique dans le sens qui lui soit favorable ? Tel est l'objet de cet article.









