Les conditions de la croissance

par Jean-Pierre Givry

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Trente pays et leurs gestions publiques dans la crise - VUE D'ENSEMBLE

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TRENTE PAYS ET LEURS GESTIONS PUBLIQUES DANS LA CRISE Une première version de ce texte est parue dans Les Etudes de Contribuables Associés – octobre 2013 - sous le titre « L'échec des plans de relance publique, une comparaison internationale « par JP Givry pour l'IREF.

Cette étude porte sur les activités d'une trentaine de pays avant et après la rupture de 2008. La dépense publique se révèle néfaste à la croissance. Passé un seuil de 30 à 35 % du PIB, les contribuables refusent, sauf en Scandinavie, de couvrir la dépense publique supplémentaire à plus de 70 %. Les Etats qui pratiquent des dépenses publiques élevées s'enferment dans le piège du déficit et de la dette. Les pays scandinaves font exception, avec des budgets excédentaires. Face à la crise, les politiques de relance ont échoué. La vraie relance serait d'activer les forces économiques en les libérant de la réglementation, autre forme de l'interventionnisme public.

L'effet négatif qu'exerce la dépense publique sur la croissance a déjà été mis en évidence« Dépense publique et croissance « . Cette étude mérite d'être actualisée, aujourd'hui où la dépense publique, boostée par la crise au nom de la relance keynésienne, a porté dans certains pays  le déficit et la dette à des niveaux exceptionnels.
Comme le précédent, ce travail est international. Il confronte une trentaine de pays pendant les dix années qui précédèrent la crise et les quatre suivantes ; ce sont  les seules qui soient connues au début de 2013.
Les indicateurs utilisés couvrent les principales dimensions de l'activité : population, pib, emploi, durée du travail, investissements et échanges commerciaux, dépenses, recettes et dettes publiques. Les données proviennent de l'OCDE.

Cette étude trace d'abord l'évolution d'ensemble tous pays confondus. Analysant ensuite les singularités des pays eux-mêmes, elle dégage des mécanismes économiques et sociaux fondamentaux. Elle conclut sur la façon de sortir de la crise.

VUE D'ENSEMBLE

La crise est partie des excès du système financier (Subprimes, titrisation). Les banques ont perdu confiance les unes envers les autres. La méfiance s'est ensuite généralisée. De financière, la crise était devenue économique. Sur ce plan, elle s'est manifestée dans la destruction brutale d'une partie du système de production : le capital productif, les emplois, les compétences dont ils sont porteurs, les parts de marché ont subi des pertes irréversibles.
Nous allons tracer l'histoire des différents indicateurs cf annexe méthodologique sous forme de graphiques commentés.

 

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Avant 2007, la croissance du pib était assez régulière, avec quelques aléas conjoncturels.

La crise a frappé de mi - 2008 à fin 2009.

La croissance est modeste depuis 2010.

Il n'y a eu aucun phénomène de rattrapage, comme il s'en produit après un à coup conjoncturel. La perte est structurelle, irréversible, définitive.

Si le pib avait continué sa croissance au rythme d'avant 2007, il aurait été en 2011 plus élevé de 10 %.

 

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Jusqu'en 2007, l'emploi grandissait plus vite que la population.

L'emploi est passé de 44,5 % de la population en 1997 à 48,5 % en 2007.

Par rapport à cette tendance, en 2011, il manque  6 % d'emplois.

Le PIB par habitant progressait jusqu'en 2007 ; il a baissé de 2 % depuis.

 

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Les heures travaillées reflètent les évolutions de l'emploi et du temps de travail: il manque en 2011  7 % des heures que l'on aurait connues sur la lancée des années précédant la crise

 

La crise n'a pas eu beaucoup de conséquence sur le temps de travail. Après la chute de 2009, la durée du travail est revenue à sa tendance de long terme.

 

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La productivité horaire est le critère de la rentabilité.

La crise a détruit les activités marginales à faible productivité.

La productivité a été maintenue en 2008-2009, elle a repris sa progression ensuite.

 

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Jusqu'en 2007, dépense et recette publiques évoluaient en gros au même rythme que le pib, avec des aléas conjoncturels plus marqués dans la recette.

Durant le gros de la crise, la croissance de la dépense publique a été accélérée, au nom de la "relance".
La dépense publique s'est stabilisée en 2010 - 2011.

La recette publique a été impactée par la crise; elle n'avait pas retrouvé en 2011 le niveau de 2007.

 

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Jusqu'en 2007, le déficit variait avec la conjoncture et restait modéré.

A partir de 2008, la crise a creusé un large déficit. 

 

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Jusqu'en 2007, le ratio de dette diminue, car la croissance du pib est supérieure au déficit.

A partir de 2008, la dette s'envole.

En 2010 - 2011, le retour de la croissance est trop modeste pour compenser un déficit qui reste très élevé; la dette progresse toujours.

 

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En 2011, il manque 20 % d'investissement par rapport à la tendance 1997- 2007.

 

L'activité elle-même dépend du capital productif; c'est un stock qui cumule les investissements d'environ 20 ans.

 

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Le commerce international était en progression rapide depuis 2002.
Il a chuté en 2009, puis repris aussitôt sa croissance.

USA et France ne figurent pas dans ces chiffres parce qu'ils ont des problèmes de déficit commercial. C'est chronique pour les premiers. La France creuse son déficit commercial continûment depuis 2007.

 

Ce premier chapitre a montré qu'une période relativement calme et prospère avait précédé la crise. La rupture date de mi - 2008, le pire fut atteint en 2009. Les deux années suivantes ont été contrastées : l'emploi et l'investissement sont restés au plus bas, le pib a rejoint en 2011 son niveau de 2007, les comptes publics ont dérapé dans le déficit et la dette. Il n'y a que deux satisfactions : la productivité a repris sa progression, les échanges également ; la compétitivité est toujours là.



Mise à jour le Lundi, 07 Mars 2016 09:25