Les conditions de la croissance

par Jean-Pierre Givry

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Comprendre la croissance - Formule de la croissance

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2 - Formule de la croissance

La valeur ajoutée VA est reliée au capital productif C et au rendement du capital R par la formule :

VA  =  C * R   formule 1

Le capital productif est le capital fixe brut de la comptabilité  Annexe 1 - méthodologie  . Il se distingue des autres capitaux
( stocks, terrains, etc…). Si ceux-ci sont pérennes, le capital productif lui se périme et doit être renouvelé. Sa définition comptable en fait la somme des investissements « en service », c'est à dire présents au bilan où ils restent inscrits jusqu'à leur déclassement. Tant qu'il figure dans le capital productif, tout investissement est supposé utile, c'est à dire porteur de valeur ajoutée et d'emploi. Ceci ne l'empêche pas de subir une évolution de ses performances, à commencer par la première d'entre elles, son rendement.
Le rendement du capital productif distingue les activités « lourdes » , grandes utilisatrices de capital productif ( R petit) et les activités « légères » ( R grand). R est l'inverse de l'intensité capitalistique K = 1 / R.
Les trois grandeurs VA, C et R varient dans le temps, leurs vitesses de croissance   La vitesse de croissance de la variable X  est cr X = dX / dt / X   se déduisent simplement de la formule 1.

cr VA  =  cr C +  cr R   formule 2

La croissance de la valeur ajoutée a donc deux composantes, cr C et cr R.
cr R mesure l'évolution, d'une année à l'autre, de la valeur ajoutée à capital productif constant. Ce glissement synthétise les effets de tous les facteurs autres que le capital productif. Il s'agit, soit d'érosion ( cr R négatif), soit de progrès ( cr R positif). Parallèlement, le rendement du capital diminue ou augmente dans le temps.
cr C mesure la croissance du capital productif, sous les effets contradictoires de l'investissement, qui l'accroît, et du déclassement en fin de vie, qui le réduit. Le terme cr C donne une traduction chiffrée au phénomène de destruction créatrice, signalé de longue date par Schumpeter. La croissance du capital productif prend en compte investissements ( IN) et déclassements ( DE) :

cr C  =  ( IN –  DE) / C   formule 3

En combinant les formules 2 et 3 , on aboutit à la formule de la croissance: 

cr VA  =  ( IN – DE ) / C + cr R   formule 4

Cette formulation constitue en elle-même un modèle de croissance. C'est même un modèle à générations de capital, à vrai dire le plus simple qui soit. La formule prend en compte en effet l'ensemble du parc des investissements en service. On reconnaît dans la formule 4 la contribution de l'investissement que l'on vient d'installer, IN, ainsi que l'effet de l'investissement en fin de vie que l'on déclasse, DE. Le glissement cr R s'applique à tout le reste du parc.
La formule 4 condense de façon synthétique les éléments essentiels qui interviennent dans la croissance. Elle permet d'interpréter les cas variés qu'offre la pratique.

On ne peut tirer des leçons que des branches qui obéissent aux lois du marché, ce qui élimine les branches « administrées », l'Etat au sens large ; la valeur ajoutée qui lui est attribuée dans les comptes nationaux est d'ailleurs arbitraire ( annexe 1). Qui s'intéresse à l'emploi est conduit à éliminer l' « activité immobilière » , presque exclusivement capitalistique. Restent trente cinq branches « marchandes » où jouent à plein les mécanismes de rentabilité et de productivité (annexe 1). On les suit de 1978 à 2008.



Mise à jour le Lundi, 07 Mars 2016 09:26